- A l’échelle de l’hémisphère nord :
Bilan atmosphérique au niveau des géopotentiels :



A l’échelle de l’hémisphère nord sur le mois entier d’avril 2024, on a la continuité résiduelle tendant à s’effacer de l’empreinte atmosphérique El Nino (même si les anomalies de SST positives sur le Pacifique Equatorial se résorbent) sur le continent américain avec dipole bas géopotentiels en allant vers le sud-ouest des USA et hauts géopotentiels en allant vers le nord-est du Canada. On a également toujours le marqueur PDO- fort marqué.
Hauts géopotentiels bien présents globalement aux hautes latitudes et fort blocage vers le Caucase.
Europe sous l’influence d’un flux océanique d’ouest à sud-ouest cependant très grosses différences entre la première quinzaine d’avril sous un flux de sud-ouest chaud pour la saison, et la deuxième quinzaine d’avril avec des descentes froides tardives sur l’Europe.


Anomalies de courant jet :


Les anomalies du courant jet à l’échelle de l’hémisphère sur avril 2024, montrent toujours plutôt une signature atmosphérique El Nino dynamisant un fort courant jet subtropical stationnant sur sud USA/nord Mexique. Le courant jet atlantique a circulé quant à lui bas en latitude sur l’Atlantique remontant ensuite vers l’Europe. Récurrence de doubles jets sur le continent américain montre une douceur souvent hors saison sur le continent nord américain.
Au final, le bilan atmosphérique montre qu’au fil du mois, le marqueur El Nino s’estompe tout de même avec une rupture vers le milieu du mois vers des flux méridiens plus importants et l’effacement du blocage vers le nord-est du Canada.
Bilan des indices :
. L’EAMT (couple de montagne) et l’AAM (Atmospheric Angular Momentum)


L’AAM sera passé en mode négatif durant tout le mois avec parfois une EAMT souvent négative de forte ampleur durant la première quinzaine. Cela a contribué plutôt à des flux méridiens avec des effets plus importants sur la seconde partie du mois que ce soit descentes froides sur l’Europe et augmentation des épisodes de temps violent sur les plaines centrales des USA (même si la GWO a été de plus en plus inopérante au fil du mois)
Cet indice montre encore une fois qu’il peut être décisif pour anticiper les régimes de temps à l’échelle hémisphérique et surtout la dynamique (méridienne ou zonale). Il est plus ou moins pertinent suivant les mois.
. L’oscillation nord pacifique (PNA)

Après un début de mois marqué par une PNA+, le mode négatif aura vite pris le dessus pour devenir affirmé en fin de mois, favorisant l’augmentation des épisodes d’orages violents vers les plaines centrales, du sud et du Midwest.
. L’oscillation nord atlantique (NAO)

L’oscillation nord atlantique nous influence directement plus encore d’octobre à avril. Malgré une NAO- dominante sur la première quinzaine, cela aura valu tout de même un afflux de douceur et de chaleur important sur l’Europe avec des records à la clé. Et une NAO plus neutre en seconde quinzaine, n’aura pas empêché des descentes froides polaires tardives sur l’Europe. Pour le coup, les repères du passé disant NAO- = fraîcheur et humidité et NAO+ = douceur et temps plus sec au sud de l’Europe, ne peuvent être pris au pied de la lettre surtout quand on avance vers la fin du printemps. Même si la baisse de la NAO fin de mois corrobore bien la tendance à un temps peu stable sur l’Europe.
. L’oscillation arctique (AO)

L’oscillation arctique nous influence un peu moins directement. AO+ plutôt dominante sur première quinzaine puis baisse pour devenir négative sur la quasi totalité de la seconde quinzaine. La baisse sur la seconde quinzaine aura valu le décalage des masses d’air froid vers Scandinavie descendant sur l’Europe centrale et le nord-ouest de la Russie.
. L’oscillation de Madden Julian (MJO)

La MJO aura très peu opérante sauf vers la toute fin de mois avec une phase 3 qui aura influencé des conditions bien perturbées sur le week-end de Pâques dans l’ouest de l’Europe, de même qu’un épisode de temps violent aux USA.
. Le phénomène ENSO (El Nino – La Nina)




Perte de vitesse d’El Nino sur avril avec quasi résorption totale en fin de mois. La neutralité est atteinte toute fin de mois d’avril conformément aux prévisions de base avant une bascule sur la Nina durant l’été de l’hémisphère nord.
. La stratosphère

La date du réchauffement stratosphérique final a été le 28 avril ce qui correspond à une date assez tardive. La décélération aura été progressive durant tout le mois.

La deuxième partie du mois d’avril montre que la NAM- aura repris le dessus dans la troposphère montrant que le réchauffement stratosphérique de mars aura fini par se diffuser dans la troposphère. L’influence est probable sur une 2ème partie de mois d’avril plus froide en Europe et en Asie, de même qu’une anomalie plus neutre en Amérique par rapport à un début de mois bien chaud.
Bilan thermique :

Douceur prédominante sur l’hémisphère nord même si un froid plus important a fini par s’imposer notamment sur la deuxième quinzaine sur l’Europe du nord notamment et le nord de la Sibérie. La deuxième quinzaine d’avril a atténué le bilan très excédentaire de la première quinzaine. Surchauffe sur la mer de Baffin et le Groenland avec la mise en place de blocages fréquents. Douceur et chaleur hors saison sur le sud-ouest de la Russie et le Kazakhstan notamment.


Avril 2024 a été globalement plus chaud que n’importe quel mois d’avril précédent dans l’enregistrement des données, avec une température moyenne de l’air en surface ERA5 de 15,03°C, 0,67°C au-dessus de la moyenne 1991-2020 pour avril et 0,14°C au-dessus du précédent sommet établi en avril 2016. Il s’agit du onzième mois consécutif le plus chaud de l’enregistrement de données ERA5 pour le mois respectif de l’année. Bien qu’inhabituelle, une série similaire de records mensuels de température mondiale s’est déjà produite en 2015/2016. Le mois a été 1,58°C plus chaud que l’estimation de la moyenne d’avril pour 1850-1900, la période de référence préindustrielle désignée. La température moyenne mondiale au cours des 12 derniers mois (mai 2023 – avril 2024) est la plus élevée jamais enregistrée, à 0,73°C au-dessus de la moyenne 1991-2020 et 1,61°C au-dessus de la moyenne préindustrielle 1850-1900. La température moyenne européenne pour avril 2024 était de 1,49 °C supérieure à la moyenne d’avril 1991-2020, faisant de ce mois le deuxième avril le plus chaud jamais enregistré sur le continent. Les températures ont été particulièrement supérieures à la moyenne dans les régions d’Europe de l’Est. La Fennoscandie et l’Islande ont connu des températures inférieures à la moyenne. La température moyenne masque cependant le contraste entre les températures plus chaudes et plus froides enregistrées au début et à la fin du mois d’avril en Europe occidentale.
En dehors de l’Europe, les températures ont été plus élevées que la moyenne dans le nord et le nord-est de l’Amérique du Nord, au Groenland, en Asie de l’Est, au nord-ouest du Moyen-Orient, dans certaines parties de l’Amérique du Sud et dans la majeure partie de l’Afrique. Le phénomène El Niño dans l’est du Pacifique équatorial a continué de s’affaiblir pour atteindre des conditions neutres, mais les températures de l’air marin sont généralement restées à un niveau inhabituellement élevé.
La température mondiale de la surface de la mer (SST) moyenne pour avril 2024 entre 60°S et 60°N était de 21,04°C, la valeur la plus élevée jamais enregistrée pour le mois, légèrement en dessous des 21,07°C enregistrés pour mars 2024. Il s’agit du treizième mois. de suite, la SST a été la plus chaude de l’enregistrement de données ERA5 pour le mois respectif de l’année.
Source : Copernicus
Quelques bilans thermiques supplémentaires de certains pays de l’hémisphère nord :

Source : Patrick Duplessis
Sources : Extreme Temperatures Around The World https://twitter.com/extremetemps


Le bilan thermique des SST (température des eaux de surface) montre une chaleur continuant à être inédite sur tous les bassins très largement devant 2023 et 2022. C’est très marqué sur l’Atlantique Tropical, une bonne partie de l’Océan Indien ainsi que l’ouest du Pacifique.
Les températures élevées de l’air marin étaient associées à des températures de surface de la mer (SST) record pour cette période de l’année. La SST quotidienne était en moyenne supérieure à 60°S–60°N en avril 2024 et est restée à seulement quelques centièmes de degré en dessous du nouveau maximum absolu de 21,09°C atteint fin
février et en 2024. Mars. La moyenne pour avril de 21,04°C était la plus élevée du mois d’avril et à peine inférieure au précédent maximum mensuel de 21,07°C enregistré pour mars. C’est le treizième mois consécutif où la SST est la plus chaude jamais enregistrée pour le mois concerné de l’année.
Source : Copernicus
Bilan pluviométrique :

Source : JMA
2. A l’échelle nationale :
Bilan climatique national :




Plus de détails sur : https://meteofrance.fr/sites/meteofrance.fr/files/files/editorial/Bilan_definitif_avril_2024_030424.pdf
Anomalie thermique : +0,7°C
Anomalie pluviométrique : proche de la normale
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